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Quand l’euro chancelle, la politique climatique passe au second plan

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par Lisa Mau­shake
Tra­duc­tion par Chris­to­pher De Jonghe
Re­lec­ture : Alain Le Treut

Compte tenu des évo­lu­tions ré­centes, l'ho­rizon se couvre ac­tuel­le­ment de mau­vaises nou­velles en Al­le­magne et en Eu­rope. Il est ques­tion d’en­det­te­ments mas­sifs des Etats qui pour­raient en­trainer dans leur chute l’éco­nomie mon­diale. Chaque jour a son lot de nou­veaux com­mu­ni­qués sur la faillite an­noncée de Etats, le dé­ploie­ment de plans de sau­ve­tages de plus en plus con­sé­quents et la mul­ti­pli­ca­tion des som­mets de crise im­pli­quant le duo « Mer­kozy ». L’in­cer­ti­tude est grande. Les in­ves­tis­se­ments sûrs n’exis­tent plus. Si l’éco­nomie mon­diale tombe dans un tel ma­rasme, alors l’in­térêt de la sphère pu­blique pour d’au­tres ca­tas­tro­phes risque d’en être ré­duit de ma­nière si­gni­fi­ca­tive.

Il semble en effet qu’à la une des jour­naux, la crise fi­nan­cière ne laisse guère de place aux su­jets sur le chan­ge­ment cli­ma­tique. Pour­tant ce sujet mé­rite au­jourd’hui plus que ja­mais qu’on s’y in­té­resse. 2012 est l’année qui verra ar­river a son terme le pro­to­cole de Kyoto. C’est le seul traité qui en­gage au­jourd’hui ju­ri­di­que­ment une partie des na­tions in­dus­trielles et dans le­quel une ré­duc­tion des émis­sions de CO2 a été fixée. Des pays émer­gents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil en sont pour le mo­ment dis­pensés. Ce sont pour­tant des pays où l’éco­nomie est en très forte crois­sance, avec pour con­sé­quence que les be­soins éner­gé­ti­ques plus grands peu­vent y être cou­verts à moindre coût par l’uti­li­sa­tion d’éner­gies fos­siles. Le charbon est en­core au­jourd’hui une des ma­tières pre­mières les plus im­por­tantes pour la pro­duc­tion d’élec­tri­cité. Lors de sa com­bus­tion se cons­titue du CO2 qui se tra­duit par le rejet de gaz à effet de serre dans l’at­mo­sphère. La com­mu­nauté mon­diale toute en­tière se re­trouve dé­sor­mais con­frontée à l’aug­men­ta­tion de ces émis­sions.

La res­pon­sa­bi­lité de l'Hommes dans le chan­ge­ment cli­ma­tique

Le Groupe d'ex­perts in­ter­gou­ver­ne­mental sur l'évo­lu­tion du climat (GIEC, en an­glais In­ter­go­vern­mental Panel on Cli­mate Change, IPCC), dans son rap­port de 2007, éta­blis­sait le bilan ac­tuel du chan­ge­ment cli­ma­tique. Ce co­mité, sou­vent ap­pelé con­seil mon­dial du climat en Al­le­magne, est com­posé d’un grand nombre de cher­cheurs in­ter­na­tio­naux qui réu­nis­sent les der­niers ré­sul­tats con­cer­nant les chan­ge­ments cli­ma­ti­ques. Ce rap­port montre que le ré­chauf­fe­ment de la pla­nète est un fait iné­luc­table. Au cours de 100 der­nières an­nées la tem­pé­ra­ture glo­bale de la pla­nète s’est élevée de 0,74°C. Cette aug­men­ta­tion est à l'ori­gine d'une fonte des gla­ciers et des ca­lottes gla­cières aux deux pôles, ce qui a en­trainé une aug­men­ta­tion du ni­veau de la mer de 17cm lors du XXème Siècle. La prise de me­sure entre 1993 et 2003 con­firme une hausse du ni­veau de la mer de 3,1 mm par an.

Les con­sé­quences du ré­chauf­fe­ment pla­né­taire se font déjà res­sentir assez lar­ge­ment au­jourd’hui. Les ré­gions arides d’Afrique, sur­tout dans le Sahel, con­nais­sent des pé­riodes de sé­che­resse ac­crues pen­dant que cer­taines ré­gions asia­ti­ques doi­vent faire face à une des inon­da­tions de plus en plus in­tenses. Même au nord de l’Eu­rope, les con­sé­quences du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique se font sentir, sous forme d’une aug­men­ta­tion des pré­ci­pi­ta­tions. Une autre in­for­ma­tion du qua­trième rap­port sur le chan­ge­ment cli­ma­tique est sans doute la plus mar­quante : le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique est en ma­jeure partie im­pu­table à l’ac­tion de l’Homme (avec une pro­ba­bi­lité à 90%). Le gaz à effet de serre do­mi­nant est le di­oxyde de car­bone, qui est li­béré lors de la com­bus­tion d´éner­gies fos­siles comme le charbon ou le gaz na­turel. Les scien­ti­fi­ques du GIEC ex­po­sent éga­le­ment, à côté des faits ac­tuels sur le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique, des pro­nos­ti­ques sur les chan­ge­ments cli­ma­ti­ques fu­turs. Dif­fé­rents scé­na­rios y sont as­so­ciés, selon l’uti­li­sa­tion des con­nais­sances ac­tuelles. Dans le pire des cas de fi­gure, qui au­rait pour con­sé­quence une aug­men­ta­tion de la tem­pé­ra­ture glo­bale de 2,4 à 6,4 ° C, la crois­sance de l’éco­nomie né­ces­si­tera de pour­suivre l’uti­li­sa­tion d’éner­gies fos­siles. Et même dans le meilleur des cas, avec l’in­tro­duc­tion de nou­velles éner­gies peu-émé­trices, l’aug­men­ta­tion de tem­pé­ra­ture se­rait de 1,1 à 2,9°C d’ici la fin du XXIème Siècle. Cela au­rait pour con­sé­quence une aug­men­ta­tion du ni­veau de la mer de 18 à 38 cm. A long terme il fau­drait, en com­pa­raison avec 1990, que les émis­sions de gaz à effet de serre di­mi­nuent de moitié moins pour que l’ob­jectif po­li­tique de li­miter l’aug­men­ta­tion de la tem­pé­ra­ture à 2°C jusqu’en 2050 soit res­pecté. Le seul texte en vi­gueur à l’heure ac­tuelle, le traité de Kyoto, pro­pose une di­mi­nu­tion de 5% par rap­port aux émis­sions de 1990.

La ca­rence nord-Amé­ri­caine 

Compte tenu de ces fac­teurs, qui dé­mon­trent ma­ni­fes­te­ment l’in­fluence de l’homme sur les mo­di­fi­ca­tions du climat, il est clair que le débat ne peut être  dans la sphère scien­ti­fique. Il doit tenir place dans l’agenda po­li­tique de chaque état. L’union eu­ro­péenne, et par­ti­cu­liè­re­ment l’Al­le­magne, est con­si­dérée comme un pré­cur­seur dans ce do­maine. Aux Etats-Unis il y eut éga­le­ment des ten­ta­tives d’éclairer l’opi­nion pu­blique et d’ac­croitre la cons­cience de chacun à l’en­droit du chan­ge­ment cli­ma­tique.  Un des ac­ti­vistes cli­ma­ti­ques les plus re­connus est l’an­cien can­didat à l’in­ves­ti­ture amé­ri­caine, Al Gore. Il mena cam­pagne pour faire prendre cons­cience de la crise cli­ma­tique sous le slogan « We can solve it » (en fran­çais : on peut ré­soudre le pro­blème cli­ma­tique). En 2006 il avait pro­duit en col­la­bo­ra­tion avec Davis Gug­gen­heim le do­cu­men­taire « An in­con­ve­nient Truth » (« une vé­rité qui dé­range »). Dans le­quel il at­tire l’at­ten­tion sur le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique et dans le­quel il se pro­nonce pour un po­li­tique cli­ma­tique am­bi­tieuse. Pour cet en­ga­ge­ment, Al Gore reçut en 2007 le prix Nobel de la paix – qu'il par­tage avec le GIEC. Ce­pen­dant, la pro­tec­tion du climat ne permet pas de con­quérir l'opi­nion nord-amé­ri­caine, comme l’a dé­montré la dé­faite de Gore face à George W. Bush. L’avenir de la po­li­tique cli­ma­tique amé­ri­caine semble for­te­ment com­promis. Les Etats-Unis ont bien signé le pro­to­cole de Kyoto, mais ils ne l’ont ce­pen­dant ja­mais ra­tifié. Ainsi, l'émet­teur de gaz à effet de serre le plus im­por­tant de la pla­nète ne s’est ja­mais réel­le­ment plié aux ob­jec­tifs cli­ma­ti­ques mul­ti­la­té­raux.

Son grand voisin, le Ca­nada, fai­sait lui fi­gure d’exemple. Mais c'est dé­sor­mais du passé. Do­ré­na­vant, le Ca­nada s'est ré­cem­ment réo­rienté vers les com­bus­ti­bles fos­siles pour sa po­li­tique éner­gé­tique. Ce pays riche en res­sources na­tu­relles compte sur l’ex­trac­tion  du pé­trole, ce qui en­traine non seu­le­ment le dé­fri­che­ment de fo­rêts en­tières mais aussi la com­bus­tion de grandes quan­tités de gaz na­turel. De plus, le se­cond plus grand Etat de la pla­nète a an­noncé son re­trait du pro­to­cole de Kyoto lors de la ré­cente con­fé­rence cli­ma­tique de Durban. La ques­tion est de sa­voir s´il est vrai­ment pos­sible de lui en tenir ri­gueur.

Il n’y a pas qu’au Ca­nada que l’on doute de l’uti­lité d’un traité sur la di­mi­nu­tion des émis­sions en CO2 sans que les deux plus gros pol­lueurs de la pla­nète, les USA et la Chine ne l’aient ra­tifié. De plus, de fortes sanc­tions fi­nan­cières se­raient tom­bées sur le Ca­nada, qui n’au­rait pas pu s’ac­quitter des exi­gences en ma­tière de ré­duc­tion de gaz a effet de serre. De fait, l’Etat Nord-Amé­ri­cain tourne le dos à ses en­ga­ge­ments cli­ma­ti­ques mul­ti­la­té­raux pour pri­vi­lé­gier sa crois­sance éco­no­mique. Comme le Ca­nada n’est pas un des pires pol­lueurs mon­diaux et qu’il re­ce­vable – no­tam­ment d'un point de vue eu­ro­péen – de pri­vi­li­gier son éco­nomie, ce pro­tec­tion­nisme est, à pre­mière vue, assez com­pré­hen­sible. Ce­pen­dant, cette po­si­tion est inac­cep­table et on peut lui re­pro­cher une cer­taine myopie. La va­leur sym­bo­lique du re­trait d’une na­tion in­dus­trielle du seul Traité in­ter­na­tional con­trai­gnant en ma­tière de pro­tec­tion cli­ma­tique est un dé­sastre. Néan­moins, la po­li­tique cli­ma­tique du Ca­nada est loiun d'être un cas isolé, comme l’a assez lar­ge­ment dé­montré la con­fé­rence Durban.  

Une ré­vo­lu­tion la­bo­rieuse

La 17èmecon­fé­rence cli­ma­tique mon­diale s'est dé­roulée du 28 no­vembre au 11 dé­cembre 2011­dans la ville sud-afri­caine de Durban, en pré­sence des 194 états si­gna­taires de la con­ven­tion cli­ma­tique des na­tions unies.  Les na­tions se sont ré­par­ties dans dif­fé­rents camps en fonc­tion de leurs sen­si­bi­lités éco­no­mi­ques et éco­lo­gi­ques. D’un coté, une « union » tem­po­raire com­posée de l’Union eu­ro­péenne, d’Etats fai­ble­ment dé­ve­loppés et de pe­tits états in­su­laires. Les Etats ac­tuel­le­ment les plus af­fectés par le chan­ge­ment cli­ma­tique se sont li­bérés de l'in­fluence chi­noise pour se tourner vers la po­li­tique éner­gé­tique et cli­ma­tique de L’UE. Face-à-eux, on peut dis­tin­guer les na­tions pré­sen­tant une crois­sance éco­no­mique sou­tenue, no­tam­ment la Chine et les Etats-Unis. Ces der­niers dé­fen­dent un point de vue com­pa­rable à celui du Ca­nada : afin pré­server leurs éco­no­mies, ils re­fu­sent toute im­pli­ca­tion à un quel­conque pacte cli­ma­tique.

Ces ri­va­lités ne se li­mi­taient tou­te­fois pas aux seules dis­sen­sions entre pro­tec­teurs du climat et pro­tec­teurs de leur éco­nomie na­tio­nale. Les «pol­lueurs his­to­ri­ques » se voyaient con­frontés aux exi­gences des « nou­veaux pol­lueurs ». Des ré­gions et na­tions in­dus­trielles comme l’Union eu­ro­péenne ou les Etats-Unis ont la res­pon­sa­bi­lité de re­vêtir un rôle élargi puisqu’ils  sont en grande partie res­pon­sa­bles des émis­sions en CO2 en­trai­nant les gaz à effet de serre de­puis la ré­vo­lu­tion in­dus­trielle. Ac­tuel­le­ment on as­siste à un in­ver­se­ment de la ten­dance. Par­ti­cu­liè­re­ment les pays émer­gents comme la Chine, l’Inde et le Brésil dé­trô­nent les na­tions qui jusqu'à main­te­nant pol­luaient le plus, ce qui leur con­fère de nou­velles res­pon­sa­bi­lités. La ques­tion de qui doit tendre la main à l’autre reste ou­verte. A Durban se des­si­naient donc les con­tours d’un « con­flit des res­pon­sa­bi­lités in­trin­sè­ques» alors que les dif­fé­rents « blocs » étaient peu en­clins aux com­promis du­rant les né­go­cia­tions.

Les in­té­rêts res­pec­tifs des par­ties ne pou­vant plus être op­posés, cela donna lieu à des né­go­cia­tions fé­roces qui  amena la con­fé­rence à s'alonger de quel­ques heures par rap­port à la durée ini­tia­le­ment prévue.

Seu­le­ment après de lon­gues et épui­santes né­go­cia­tions un ac­cord pour une deuxième phase du pro­to­cole de Kyoto et sur son po­ten­tiel suc­ces­seur a été con­venu. Ce nouvel ac­cord de pro­tec­tion du climat doit va­loir pour toutes les na­tions, sans ex­cep­tion. Pour les na­tions in­dus­trielles, comme les pays en voie de dé­ve­lop­pe­ment. Des né­go­cia­tions en ce sens vont com­mencer cette année et elles de­vront trouver un terme en 2015 avec la mise en place d’un con­trat de na­ture con­trai­gnante, qui ne devra quant à lui en­trer en vi­gueur qu'en 2020.

Ce ré­sultat peut être in­ter­prété comme une pre­mière et pe­tite ré­vo­lu­tion en soi. Pour la pre­mière fois dans l’his­toire en­core nais­sante de la po­li­tique cli­ma­tique, il est ques­tion d'un mé­ca­nisme à ca­rac­tère obli­ga­toire, con­te­nant des con­traintes en ma­tière cli­ma­tique, aux­quelles se­ront éga­le­ment liés les gou­ver­ne­ments Chi­nois et les Amé­ri­cains. On peut con­si­dérer la con­fé­rence comme une réus­site dans le sens où un fond de fi­nan­ce­ment pour les pro­jets de pré­ser­va­tion cli­ma­tique a été ins­tauré. Il dis­po­sera d’en­viron 100 Mil­liards d’euros. De plus, le pro­to­cole de Kyoto a été pro­longé jusqu’en 2017.

Mais si on con­si­dère les ac­cords de Durban de ma­nière plus lu­cide, le terme « ré­vo­lu­tion » ap­pa­rait tou­te­fois un rien trop op­ti­miste. Il fut seu­le­ment dé­cidé de la mise en place d’un con­trat commun à tous. Les ren­con­tres pour la com­po­si­tion du do­cu­ment lui-même se­ront sans doute tout aussi la­bo­rieuses que la con­fé­rence ne l’a été elle-même.

De plus, le ca­rac­tère ju­ri­dique du suc­ces­seur de Kyoto est remis en ques­tion. Au re­gard de la con­fé­rence, rien n'in­dique qu’il s’agira d’une source de droit qui en­ga­gera ses si­gna­taires. Les termes exacts uti­lisés pour l’ac­cord étaient les sui­vants : «ré­gle­men­ta­tion avec un pou­voir ju­ri­dique » (« out­come with legal force »).

L’issue de la con­fé­rence de Durban com­porte des si­mi­li­tudes avec le pro­to­cole de Kyoto. Tous deux sont trop ti­mides pour di­mi­nuer le chan­ge­ment cli­ma­tique, mais ils font un pas in­dis­pen­sable dans la bonne di­rec­tion. Les po­li­ti­ques se re­trou­vent face au de­voir de prendre le pro­blème à bras le corps, aussi bien au ni­veau na­tional qu’in­ter­na­tional. Ce­pen­dant, ce thème se voit être re­légué au se­cond plan no­tam­ment à cause de la crise fi­nan­cière. Ce con­texte per­sis­tant pose la ques­tion sui­vante : com­ment une po­li­tique cli­ma­tique s’ac­corde t-elle avec l’in­térêt éco­no­mique ?

Sym­biose entre éco­lo­gique et éco­no­mique

Eco­nomie et éco­logie n’ont pas seu­le­ment la même ra­cine éty­mo­lo­gique. Ce qui sonne pour la plu­part comme une utopie ou une vi­sion en rose du monde est de­venu un fait : la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment peut à long terme être un mo­teur pour l’éco­nomie. Con­trai­re­ment à la dé­ci­sion à court terme du Ca­nada, il y a des avan­tages à long terme d’in­vestir dans les éner­gies re­nou­ve­la­bles ou les éner­gies pro­pres. Les na­tions in­dus­trielles doi­vent voir dans la po­si­tion de pré­cur­seur tech­no­lo­gique une chance unique pour as­surer leurs res­pon­sa­bi­lités his­to­ri­ques.

 A en croire le Zeit­geist  du XXIème Siècle, la mo­bi­lité est un fac­teur dé­ter­mi­nant de la mon­dia­li­sa­tion. La branche au­to­mo­bile est tou­jours en pro­gres­sion et elle re­pré­sente une base so­lide des éco­no­mies in­dus­trielles. Toyota, par exemple, un avan­tage con­cur­ren­tiel en ex­plo­rant le pan tech­no­lo­gique des éner­gies pro­pres. Pen­dant plus d’un an, l'in­dus­triel ja­po­nais a été le seul à pro­duire en masse un vé­hi­cule hy­bride, le Toyota Prius. Ce mo­dèle con­somme moins d’es­sence qu’un vé­hi­cule clas­sique, ce qui permet de di­mi­nuer de ma­nière si­gni­fi­ca­tive le rejet de CO2 dans l’at­mo­sphère. Ces ca­rac­té­ris­ti­ques sont sur­tout in­té­res­santes pour des na­tions de­vant tenir des exi­gences sé­vères quant aux émis­sions en CO2 et elles ont permis à Toyota de con­firmer son Lea­der­ship sur le marché des voi­tures de nou­velle gé­né­ra­tion. Dans l’op­tique d’un com­promis entre les Etats si­gna­taires du nou­veau traité cli­ma­tique, qui fixe la ré­duc­tion des gaz à effet de serre, jusqu’en 2015, de nou­veaux mar­chés ver­ront le jour. La de­mande en tech­no­lo­gies qui ren­draient les pro­cessus de pro­duc­tion plus ef­fi­caces tout en ré­dui­sant les émis­sions en CO2 de­vrait aug­menter. Les na­tions qui in­ves­ti­raient dés main­te­nant dans ce genre de tech­no­lo­gies pour­raient à long terme s’oc­troyer un avan­tage si­gni­fi­catif sur le long terme. On peut no­tam­ment y voir une chance pour les éco­no­mies pau­vres ma­tières pre­mières. L’Union eu­ro­péenne a suivi le bon chemin. Ce­pen­dant, elle n’a pas en­core plei­ne­ment uti­lisé son po­ten­tiel de créa­tion de nou­velles normes. 

Il y a main­te­nant cinq ans que le GIEC a pu­blié son qua­trième rap­port sur le chan­ge­ment cli­ma­tique. Celui-ci con­fir­mait non seu­le­ment l’exis­tence d'un chan­ge­ment cli­ma­tique, mais aussi une in­fluence an­thro­pique dans ce chan­ge­ment. Ce­pen­dant, la crainte quant au res­pect des exi­gences du pro­to­cole de Kyoto a laissé place à une nou­velle crainte quant à la sta­bi­lité de l’euro dans les mé­dias, lais­sant de côté le fait qu'au re­gard de ce pro­to­cole, une cons­cience mon­diale est pri­mor­diale. D’un point de vue pu­re­ment éco­no­mique, les pays ri­ches en res­sources comme le Ca­nada vont plutôt in­vestir dans l’ex­trac­tion du pé­trole ou de charbon. Les con­sé­quences sur le chan­ge­ment cli­ma­tique ne vont im­pacter à court terme sur les po­pu­la­tions vi­vant au nord de l’équa­teur. Pour les Ca­na­diens, le chan­ge­ment cli­ma­tique re­pré­sente selon  des hi­vers plus doux et l’ex­ploi­ta­tion éco­no­mique de ter­ri­toires nou­vel­le­ment ga­gnés grâce à une hausse de la tem­pé­ra­ture. Tou­te­fois, l’éco­nomie mon­diale, en por­tant un re­gard sur les gé­né­ra­tions sui­vantes, doit im­pli­quer une forte res­pon­sa­bi­lité mon­diale.
Pour cela, il faudra da­van­tage de pro­ta­go­nistes pour mettre en place une po­li­tique cli­ma­tique con­trai­gnante.


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