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Le "langage Erasmus"

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erasmuspauline

Par Pau­line Goe­mare
Photo : Pau­line Goe­mare 
Re­lec­ture : Alain Le Treut 

Au fil de la journée, les cul­tures se mé­lan­gent, les bar­rières de la langue sont ou­bliées et la bonne hu­meur est au rendez-vous. C'était, le 15 juin, à Frank­furt sur l'Oder, qu'avait lieu la „Journée du campus in­ter­na­tio­nal“ de l'uni­ver­sité eu­ro­péenne Via­drina, l'oc­ca­sion pour les étu­diants étran­gers de mon­trer le ca­rac­tère unique de leur pays.

Étu­diants, pro­fes­seurs et Franc­for­tois ont eu l'op­por­tu­nité de dé­cou­vrir d'au­tres cul­tures. Nous voya­geons tout en res­tant à Franc­fort; et la ba­lade parmi les stands des dif­fé­rents pays nous em­mène en Corée, au Pérou, en France, en Po­logne, en Slo­vénie... Un tel évé­ne­ment té­moigne du ca­rac­tère in­ter­na­tional de l'uni­verstié Eu­ropa Via­drina.

Le nom de l'uni­ver­sité montre déjà à quel point la fa­culté est ou­verte sur l'Eu­rope et le monde. La ques­tion qui se pose main­te­nant est de sa­voir si les étu­diants Erasmus — c'est ainsi que nous nom­me­rons les étu­diants eu­ro­péens ou non qui étu­dient dans un pays étranger pour une durée al­lant de six mois à un an — sont vrai­ment mé­langés avec les Al­le­mands. Bernd Schünow, coor­di­na­teur au­près des étran­gers en échange ac­cueillis dans l'Uni­ver­sité nous a donné son opi­nion. Selon lui, les étu­diants Erasmus ne sont pas in­té­grés au­près des étu­diants al­le­mands. "Plus le nombre de per­sonnes (Erasmus) est élevé, plus la pro­ba­bi­lité de ne pas s'in­té­grer est im­por­tante", dit-il en­core.

Dans les faits, les étu­diants Erasmus du monde en­tier, sont un groupe à part en­tière dans l'uni­ver­sité d’ac­cueil, et leurs dif­fé­rences font leur unité. Ils sont en­semble, étran­gers et con­nais­sent les mêmes soucis... In­té­gra­tion et langue en sont les meilleurs exem­ples. Et dans ces cir­cons­tances, ils s’in­tè­grent entre eux, "Qui peut mieux me com­prendre que celui qui con­naît les mêmes pro­blèmes que moi ?"

Par ailleurs, se pose le pro­blème de la langue, le sujet a été abordé avec Bernd Schünow, et celui-ci a an­noncé qu'en­viron 70% des cent-quatre-vingt-dix étu­diants Erasmus qui étu­dient à l'uni­ver­sité Via­drina ne maî­tri­sent pas l'al­le­mand et que parmi eux, cer­tains ne maî­tri­sent pas l'an­glais non plus. On peut bel et bien parler ici de bar­rière lin­guis­tique. Et lorsque que l'on de­mande à mon­sieur Schünow com­ment les étu­diants Erasmus com­mu­ni­quent entre eux, ce der­nier nous ré­pond par une ex­pres­sion de son cru : "le lan­gage Eras­mus“; un mé­lange entre l'al­le­mand, l'an­glais, le fran­çais, l'es­pa­gnol entre au­tres. Il s'agit ici bel et bien d'une langue in­ter­na­tio­nale qui ne rend ce­pen­dant pas l'in­té­gra­tion pos­sible. Le "lan­gage Eras­mus“ est la langue parlée par les Erasmus entre Erasmus.

Ce­pen­dant, il ne faut pas ici ré­duire le sys­tème d'échange uni­ver­si­taire à ses ca­rac­té­ris­ti­ques les plus né­ga­tives. Force est de cons­tater que les étu­diants Erasmus se pla­cent dans une si­tua­tion unique d'ou­ver­ture face à l'in­connu. Ils ont la pos­si­bi­lité de prendre part à un cursus uni­ver­si­taire di­vers et varié dif­fé­rent de celui au­quel ils ont accès dans leur pays et ceci ne peut qu'être po­sitif pour leur avenir. Cer­tains fi­ni­ront peut-être par s'ins­taller en Al­le­magne dans un avenir plus ou moins proche. Et même si ce n'est pas le cas, l'ex­pé­rience Erasmus reste une ex­pé­rience inou­bliable pour ceux qui la vi­vent. Kévin, étu­diant Erasmus en Bu­si­ness à la Via­drina en té­moigne : "C'est un sé­jour qui m'aura vrai­ment marqué grâce aux con­tacts hu­mains que j'ai pu avoir avec des per­sonnes d'ori­gines et de cul­tures com­plè­te­ment dif­fé­rentes de la mienne ainsi que la dé­cou­verte d'un autre pays. Le re­tour en France sera tout de même plai­sant pour re­trouver la fa­mille et les amis".

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