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Élections présidentielles : les socialistes triomphent en France

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Par Ma­reen Le­debur
Tra­duc­tion : Alain Le Treut
Photo : Ⓒ Fran­çois Hol­lande - Crea­tive Com­mons

Avant même les pre­mières es­ti­ma­tions de di­manche der­nier, les Fran­çais sont dans la rue. À Tou­louse, les autos com­men­cent à klaxonner ; dans une co­lo­ca­tion mar­seillaise, quatre étu­diants sor­tent le cham­pagne et trin­quent en­semble, et à Paris, une foule se ras­semble dans une am­biance de fête po­pu­laire sur la place de la Bas­tille.

La vic­toire des so­cia­listes à l’élec­tion pré­si­den­tielle semble avoir dé­clenché une forme de dé­li­vrance. Le Pré­si­dent nou­vel­le­ment élu Fran­çois Hol­lande oc­cupe le de­vant de la scène. Avec 51,61% des suf­frages, il rem­porte le scrutin contre le Pré­si­dent sor­tant Ni­colas Sar­kozy. Cela fai­sait 17 ans qu’un so­cia­liste n’as­su­rait plus la fonc­tion de Pré­si­dent de la Ré­pu­blique fran­çaise.

Son pré­dé­ces­seur Ni­colas Sar­kozy doit donc quitter le Pa­lais de l’Élysée au terme d’un seul et unique mandat.
Sou­tien de Sar­kozy pen­dant la cam­pagne, An­gela Merkel compte parmi les pre­mières per­son­na­lités à avoir fé­li­cité le nou­veau Pré­si­dent, qu’elle a d’ores et déjà in­vité à Berlin.

Au cours du débat té­lé­visé comme les son­dages, Sar­kozy a été dis­tancé tout au long de l'élec­tion par Hol­lande. De­puis la fin du scrutin, les at­tentes sont dé­sor­mais très fortes quant aux pro­messes élec­to­rales d’Hol­lande, no­tam­ment quant à la ges­tion des dos­siers éco­no­mi­ques fran­çais.

L’avenir de la po­li­tique eu­ro­péenne est en sus­pens d’ici à sa pre­mière ren­contre of­fi­cielle avec la Chan­ce­lière al­le­mande, qui l’a convié dans la ca­pi­tale fé­dé­rale dans la foulée de son in­ves­ti­ture à la Pré­si­dence. La coo­pé­ra­tion franco-al­le­mande, jusqu’alors in­carnée par « Mer­kozy », don­nera un si­gnal fort au reste de l’Eu­rope. Avec Hol­lande, les po­si­tions de la France en termes de po­li­tique eu­ro­péenne pren­dront un tour­nant dé­cisif. Dès son en­trée en cam­pagne, le can­didat so­cia­liste a an­noncé son in­ten­tion de re­dis­cuter le pacte eu­ro­péen de sta­bi­lité, afin qu'il ne com­porte pas seu­le­ment des me­sures de ri­gueur bud­gé­taire mais aussi une pro­mo­tion de la crois­sance.

Le goût amer du pre­mier tour

« Le chan­ge­ment, c’est main­te­nant. » La ques­tion qui se pose dé­sor­mais, c’est si les so­cia­listes par­vien­dront à con­vaincre éga­le­ment les Fran­çais qui ont voté pour le Front Na­tional au pre­mier tour ; car le score im­por­tant de l’ex­trême droite, ras­sem­blée au­tour de Ma­rine Le Pen, laisse un goût amer à la vic­toire.

Si une forte pro­por­tion des élec­teurs du Front Na­tional l’ont fait pour mar­quer leur op­po­si­tion au pou­voir en place, Le Pen a réussi le pari de ga­gner tou­jours plus de voix, en lis­sant l’image du parti, tout en in­vo­quant ses pro­pres so­lu­tions éco­no­mi­ques.

« Ma­rine Le Pen s’est faite porte-pa­role des gens sim­ples en par­ve­nant à ar­ti­culer leurs craintes, leurs co­lères et leurs soucis », ex­plique le po­li­to­logue Pascal Per­ri­neau.

Ses prin­ci­pales préoc­cu­pa­tions, no­tam­ment la sé­cu­rité, l’im­mi­gra­tion et les me­naces qui pè­se­raient sur l’iden­tité fran­çaises, ont  fait des émules dans l’opi­nion.

Tout d’abord, l’at­tentat à Tou­louse, au cours du­quel Mo­hammed Merah, 23 ans, a tué trois sol­dats, des jeunes éco­liers juifs et un de leurs en­sei­gnants – ont for­te­ment con­forté Le Pen dans ses po­si­tions sur l’im­mi­gra­tion et sur l’Islam.

L’im­mi­gra­tion, l’Islam, mais aussi la sé­cu­rité et l’iden­tité na­tio­nale : il s’agit de mots-clefs dé­ter­mi­nants  pour le Front Na­tional.

Sur leur site in­ternet, on trouve no­tam­ment un en­ga­ge­ment du parti contre le projet d’Hol­lande pour at­tri­buer le droit de vote aux étran­gers.

La Se­cré­taire gé­né­rale du PS Mar­tine Aubry met en garde contre les po­si­tions du Front Na­tional, au-delà de la cam­pagne pour la Pré­si­dence fran­çaise.

« Nous de­vons trouver les bonnes ré­ponses face au Front Na­tional – comme par exemple sur le sujet de l’im­mi­gra­tion » com­mente le sé­na­teur PS Gé­rard Co­lomb.  La ques­tion de sa­voir com­ment le nou­veau Pré­si­dent va traiter le pro­blème de la xé­no­phobie, qui a été long­temps sous-es­timée en France. Dans les 60 en­ga­ge­ments de son pro­gramme, on peut noter le point sui­vant : « Je com­bat­trai en per­ma­nence le ra­cisme et l’an­ti­sé­mi­tisme. »

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