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À l'affiche : Swel et Imad Noury

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swel et imad noury

  À l’oc­ca­sion de la Ber­li­nale, les réa­li­sa­teurs ma­ro­cains Swel et Imad Noury pré­sen­tent leur nou­veau film « The man who sold the world ». Tourné en arabe et en fran­çais, il réunit à l’écran Fehd Ben­chemsi, Said Bey et Au­drey Marnay

Ren­con­tres. – Votre film se base sur Un coeur faible de Dos­toïevski. Com­ment vous êtes-vous réap­pro­prié cette nou­velle ?

Swel Noury – Au ni­veau de l’écri­ture il y a eu deux étapes : la pre­mière a été de rester le plus fi­dèle pos­sible à l’œuvre, en gar­dant les mêmes thèmes, le même type de dia­logue, les sen­ti­ments, et de juste faire un léger chan­ge­ment de dates pour le réac­tua­liser. En­suite il y a eu un deuxième tra­vail qui s’est fait avec les ac­teurs, quand il a fallu qu’ils se réap­pro­prient le texte : on l’a réa­dapté en fonc­tion d’eux pour qu’ils se sen­tent vrai­ment à l’aise avec ce qu’ils di­saient. J’ai aussi donné plus d’im­por­tance au per­son­nage fé­minin, par rap­port à l’œuvre de Dos­toïevski car c’était in­té­res­sant pour le triangle amou­reux, qui se forme dans le film. Il y a une al­té­ra­tion de l’œuvre ori­gi­nale, mais sur beau­coup de choses, on a été très fi­dèles.

R. – Qu’est-ce qui vous a amené à pré­senter vos films à la Ber­li­nale ? Pour­quoi n’ar­ri­vent-ils pas en France ?

Imad Noury – La pre­mière fois [ndlr : en 2006 avec Heaven’s Door], cela s’est fait au tra­vers d’une amie à nous, en lien avec quelqu’un qui tra­vaillait pour le fes­tival. Le film a été montré au co­mité de sé­lec­tion, puis on a été in­vité, et c’était pour nous in­croyable d’être sé­lec­tionnés dans la ca­té­gorie Pa­no­rama. Cette fois-ci, on avait déjà les con­tacts. On avait envie de re­venir avant tout pour les Ber­li­nois. Il y a vrai­ment un pu­blic d’art, et de gens de la rue, qui vont voir les films et qui peu­vent te poser des ques­tions, alors que à Cannes, non. À Berlin, il reste un côté hu­main, et c’est im­por­tant pour ce genre d’énorme fes­tival. On ne re­trouve plus ça dans cer­tains fes­ti­vals plus pe­tits.

Swel Noury – Pour notre pre­mier film, on avait con­tacté dif­fé­rents fes­ti­vals fran­çais, dont « Un cer­tain re­gard »  à Cannes, la se­maine de la cri­tique ou en­core « la Quin­zaine », et on s’est pris des « vents » de par­tout. Pour ce nou­veau film, il n’était pas prêt pour Canne, et je pense qu’il y a aussi une fi­dé­lité qu’il con­vient de garder quand un fes­tival a misé sur toi. Cela nous a ou­vert des portes, puisqu’après ça, le film a été vu dans 35 fes­ti­vals à tra­vers le monde.

R. – Vos pre­mières cri­ti­ques en Afrique évo­quent un film d’au­teur trop inac­ces­sible. Qu’y ré­pondez-vous ? Et quelles cri­ti­ques avez-vous eu à Berlin.

Swel Noury – Quand tu parles de l’Afrique, tu parles sur­tout du Maroc, où les pre­mières cri­ti­ques y ont vu un ci­néma très pé­dant, pas du tout re­pré­sen­tatif de la cul­ture ma­ro­caine, et éli­tiste. Je pense que c’est une er­reur. Les gens ici ne le per­çoi­vent pas comme ça, et ils ont adoré, no­tam­ment les images qui nous ca­rac­té­ri­sent, les his­toires et les ac­teurs. Il y a vrai­ment une nette sé­pa­ra­tion dans la façon de con­ce­voir l’œuvre. Beau­coup de gens ne peu­vent pas con­ce­voir que l’on de­vienne fou par excès de bon­heur. Si tu as tout pour être heu­reux, tu ne de­viens pas fou. Si on reste à ce ni­veau là de pensée, c’est clair que le film peut pa­raître pré­ten­tieux, mais si on va au-delà et qu’on pose de vraies ques­tions sur le bon­heur, le film est tout sauf pré­ten­tieux.

Pu­blié le 15 fé­vrier 2010 sur Ren­con­tres.de 

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