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Prêt à l'action- l'esquisse d'une Génération au bout de l'histoire

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Performance. Anonymer mit Erdbeereis. Am Ende blieb nur ein rosa Fleck auf dem Boden.

Par Madlen Stange

Tra­duc­tion : Thomas Hess / Ga­brielle Fon­toy­nont

Cor­rec­tions : Ga­brielle Fon­toy­nont / Alain Le Treut
Images: Stefan Katz 

Un homme tout de noir vêtu se tient au mi­lieu d'un groupe d'in­di­vidus chu­cho­tant dans une salle  éclairée par la lu­mière bla­farde des néons. Dans sa main : une glace à la fraise qui fond en dé­gou­li­nant. Des lu­nettes opa­ques noires mas­quent son re­gard. Voit-il la glace fondre ? La glace ne cesse de goutter sur le sol, cela fait main­te­nant 10 mi­nutes et l'on peu dis­tin­guer la for­ma­tion d'une tache rose à ses pieds. Après une demi-heure, il ne reste plus que cette tache et l'homme de noir vêtu a dis­paru. Quel­ques ins­tants plus tard, à quel­ques mè­tres de là, une voi­ture tourne li­bre­ment en rond. Les roues avant de la voi­ture ont été ré­glées de sortes qu'elles ne ces­sent de tourner dans un sens unique. Une per­sonne se tient au vo­lant, mais l'obs­cu­rité em­pêche de dé­ter­miner de qui il s'agit. Peu à peu, la voi­ture en ro­ta­tion se dé­place d'en­viron un ou deux mè­tres  son point de dé­part. Le tout se ter­mine par un saut ka­mi­kaze du vé­hi­cule qui au­rait pu s'avérer dan­ge­reux pour le con­duc­teur. Le vé­hi­cule con­tinue son ma­nège jusqu'à la der­nière goutte d'es­sence.

Dans ces per­for­mances, c'est l'acte de laisser-faire qui est ex­posé de dif­fé­rentes fa­çons. Une per­sonne reste spec­ta­trice de façon plus ou moins ac­tive, mais sans dé­ranger ou in­ter­rompre  le dé­rou­le­ment des choses. Ce­pen­dant, l'ar­tiste et le spec­ta­teur font parti d'un tout, car ils pren­nent tous les deux congé sans aucun com­men­taire.

Ces deux scènes se dé­rou­lè­rent lors de l'ou­ver­ture de l'ex­po­si­tion : « Hand­lung­sbe­reit­schaft – skizze einer Ge­ne­ra­tion am Ende der Ges­chichte » ("Prêt à l'ac­tion- l'es­quisse d'une Gé­né­ra­tion au bout de l'his­toire"). L'ex­po­si­tion, or­ga­nisée par Mona El Bira, Lia Maria Hil­lers et Ju­lian Malte Schin­dele, ras­sem­blait en sep­tembre der­nier pen­dant quatre jours des œu­vres de jeunes ar­tistes au sein du Mica Moca à Berlin, dans le quar­tier de Wed­ding. C'est le sen­ti­ment pré­do­mi­nant chez les jeunes de 20 à 30 ans d'au­jourd'hui qui est illustré dans les œu­vres ras­sem­blées, selon des pers­pec­tives dif­fé­rentes. 

En d'au­tres termes, c'est une vue de l'in­té­rieur de l'ac­tuelle gé­né­ra­tion des 20 à 30 ans que l'ex­po­si­tion veut  mon­trer. « C'est sur­pre­nant car l'ex­po­si­tion gagne en ac­tua­lité au vu des ré­cents chan­ge­ments in­ter­na­tio­naux », ajoute Ju­lian Schin­dele, l'un des or­ga­ni­sa­teurs de l'ex­po­si­tion. La pro­blé­ma­tique sou­levée par l'ex­po­si­tion est celle de la re­pré­sen­ta­tion d'une gé­né­ra­tion à priori apo­li­tique dans une so­ciété li­bé­rale et dé­mo­cra­tique au tra­vers du re­gard d'in­di­vidus de cette même gé­né­ra­tion.

« La sé­lec­tion des tra­vaux s'est faite sans cri­tères de sé­lec­tion mais de façon sub­jec­tive et pro­ba­ble­ment en raison d'un be­soin par­ti­cu­lier », pré­ci­sent les trois or­ga­ni­sa­teurs, qui ont tous entre 20 et 30 ans et qui vi­vent à Berlin.

Les thèmes de l'ex­po­si­tion illus­trent de façon abs­traite des pro­blé­ma­ti­ques ac­tuelles par le biais de l'art. C'est en cela qu'il cer­nent l'in­quié­tude des jeunes dans la so­ciété ac­tuelle.

German Boy (Martin Bothe). Unter Handlungsbereitschaft versteht man das Potential zu handeln, den inneren Antrieb, sämtliche innere Faktoren, die Verhalten auslösen können. Geprägt wurde der Begriff durch die Psychologie.Les 40 œu­vres, réa­li­sées par des ar­tistes de Berlin et de Dresde, met­tent l'ac­cent sur de nom­breux points aux­quels ils ré­pon­dent de ma­nière di­ver­si­fiée. Dessin, pein­ture, sculp­ture et art vi­suel met­tent l'ac­cent sur les pa­ra­doxes des temps mo­dernes et pla­cent le spec­ta­teur face au mi­roir de l'his­toire, thème que l'on re­trouve en partie dans plu­sieurs œu­vres.

Par exemple, l'ar­tiste Martin Bothe ex­pose un bout de pa­pier en forme de maison sur la­quelle il a im­primé en grand son vi­sage. 

En quelque sorte, il s'est bri­colé lui-même une per­son­na­lité. Cela étant, la maison sym­bo­lise un monde qui n'est sup­por­table que par une seule per­sonne, même si en même temps elle y as­sure une fonc­tion pro­tec­trice. Pro­tec­tion et dé­mar­ca­tion de l'in­di­vidu face au monde ex­té­rieur si­gnifie aussi pro­tec­tion de la per­son­na­lité. Ce­pen­dant, les murs de cette maison sont-ils aussi so­lides qu'on le croit, même si cette der­nière est fa­bri­quée avec les meilleures ma­té­riaux ? Voici une mé­ta­phore assez simple mais si­gni­fi­ca­tive qui pour­rait bien illus­trer l’œuvre : l'in­di­vi­dua­lité est un « chez soi ».  On peut l'in­ter­préter comme la si­gni­fi­ca­tion de l'in­té­grité de la per­son­na­lité d'au­jourd'hui et ce qu´il en de­vient.

En ce sens, le dessin « German Boy », éga­le­ment de la main de Bo­thes, en est l'illus­tra­tion éblouis­sante : une fine ligne des­sine une fi­gure as­sise, sans vi­sage, sans mains, ni pieds – on pour­rait penser qu'il s'agit d'un in­di­vidu sans iden­tité et dénué de toute pos­si­bi­lité d'agir. C'est ce qui crée un sen­ti­ment tou­jours plus fort de dis­tance et d'im­mo­bi­lité. 

On se de­mande à quel point cette image est ca­rac­té­ris­tique de notre époque.  Sur quoi re­po­sent les fa­cultés d'ac­tion hu­maine ?

Lea Stef­fens, étu­diante à l'Uni­ver­sité des Arts à Berlin, donne une autre ap­proche très con­crète dans son tra­vail, no­tam­ment avec son dessin « I miss U MTV », un re­gard mé­lan­co­lique sur le monde de la Pop des an­nées 90 et par la même oc­ca­sion sur un sys­tème mé­dia­tique dont le flux d'in­for­ma­tions était dif­fé­rent d'au­jourd'hui. Avant le Web 2.0, il était ex­clusif et uni­la­téral. À l'époque, le mo­no­pole de la pa­role et de l'in­for­ma­tion dans les mé­dias de masse fai­sait de chacun des spec­ta­teurs con­som­ma­teurs, tant d'un point de vue ma­té­riel qu'im­ma­té­riel. On se sou­vient de com­pi­la­tions de la mu­sique Pop sur MTV, des nou­velles bas­kets Nike, de Coca Cola, etc. Tou­jours est-il que les jeunes des an­nées 90 fu­rent les pre­miers à être con­frontés à des of­fres de pro­duits dans les mé­dias, même pen­dant la pu­berté, en pleine re­cherche de leur iden­tité (même s'ils ne s'en sont pas tou­jours rendu compte). Après l'âge d'or du Talk-Show (Ara­bella Kies­bauer), ce fut au tour des Rea­lity-Shows, quel­ques an­nées plus tard, de bou­le­verser les re­la­tions entre mé­dias et con­som­ma­teurs, entre privé et pu­blic. Qu'est-ce qui a marqué cette gé­né­ra­tion, si ce n'est la té­lé­vi­sion ?

Na­tifs de l'ère di­gi­tale ? Ou mieux : gé­né­ra­tion Peter-Pan?
Die Arbeit

Le dis­cours sur le phé­no­mène des gé­né­ra­tions n'avait ja­mais été aussi ac­tuel. Le terme de « gé­né­ra­tion » est uti­lisé à tort et à tra­vers. En bio­logie, on con­si­dère une gé­né­ra­tion comme un en­semble d'or­ga­nismes dotés d'une fa­culté de re­pro­duc­tion, mais aussi comme l'ori­gine com­mune d'êtres vi­vants liés entre eux.   

Dans le do­maine tech­nique, cer­taines ma­chines ainsi que des mé­thodes de cons­truc­tion por­tent le nom de « gé­né­ra­tion ». En so­cio­logie, il est uti­lisé pour dé­crire des gens du même âge, dont les con­di­tions so­ciales si­mi­laires dé­ter­mi­nent leur at­ti­tude et leur mode de vie. Cela crée, entre les mem­bres d'une même gé­né­ra­tion un lien très par­ti­cu­lier, un sen­ti­ment col­lectif.

La ras­sem­ble­ment au­tour de pro­blèmes so­ciaux con­dui­sent à  dé­finir de nom­breux con­cepts de gé­né­ra­tion. C'est ce que l'on ap­pelle le gé­né­ra­tion buil­ding: Géné­ra­tion sta­giaire, Di­gital Na­tives, Gé­né­ra­tion ré­seaux so­ciaux ou en­core Gé­né­ra­tion Y (la gé­né­ra­tion qui vient après la gé­né­ra­tion X, un terme à con­no­ta­tion po­li­tique qui nomme la gé­né­ra­tion des an­nées 60-70). Et la liste est longue : Gé­né­ra­tion chô­mage, Gé­né­ra­tion Mac etc.. Ou en­core plus at­ten­dris­sant : la gé­né­ra­tion Peter-Pan, qui ne veut ja­mais grandir.
Dans les sciences de l'édu­ca­tion, on parle ici d'ado­les­cence pro­longée. 

En théorie, il s'agit avant tout d'étu­diants qui, en rai­sons des lon­gues tran­si­tions entre  l'âge de l'en­fance et de l'âge adulte (com­prendre : ayant pleine in­tégré une ac­ti­vité pro­fes­sion­nelle), con­nais­sent des crises per­son­nelles et des con­flits. 

Un autre terme uti­lisé est celui « Mil­le­nials », qui dé­finit pré­ci­sé­ment les jeunes âgés de 20 à 30 ans en 2010. Ce sont en réa­lité les grands ga­gnants de la ré­vo­lu­tion nu­mé­rique : ils uti­li­sent in­ternet, dis­po­sent d'un haut ni­veau d'édu­ca­tion, pos­sé­dent un té­lé­phone por­table, etc. Ce­pen­dant, des études mon­trent qu'une uti­li­sa­tion rai­son­nable d'in­ternet de­vient de plus en plus com­pli­quée : une étude du Mi­nis­tère de la Santé al­le­mand af­firme qu'en­viron 500 000 per­sonnes se­raient dé­pen­dants de leur uti­li­sa­tion d'in­ternet. Qu'en est-il de l'exi­gence de la fonc­tion de ras­sem­ble­ment d'in­ternet ?  Com­bien de temps reste t-il en­core à cette force com­mu­ni­ca­tive de la gé­né­ra­tion in­ternet avant de partir en fumée, puisqu'elle est in­ca­pable d'être suf­fi­sa­ment res­pon­sable ?  

Martin Ko­houts fournit un com­men­taire in­té­res­sant sur le con­tact avec les nou­veaux mé­dias : avec sa sé­quence muette « Video-Loop », il met en scène en partie la com­mu­ni­ca­tion folle rendue pos­sible par le Web 2.0 au­jourd'hui. Dans la vidéo, l'ar­tiste pose im­mo­bile et sans émo­tion de­vant des vi­déos pos­tées sur You-Tube, qu'il poste de nou­veau comme « com­men­taire » sur la plate-forme. Le spec­ta­teur se ques­tionne alors sur l'en­semble des com­men­taires et des in­for­ma­tions. Quelle dy­na­mique entre ici en compte ? Si on pousse la ré­flexion jusqu'à l'ex­trême, tout cela prend la forme d'une spi­rale qui n'en fi­ni­rait pas de s'en­foncer, dans la­quelle la masse et la pré­sence s’éloi­gnent tou­jours da­van­tage du con­tenu et de la per­ti­nence.  

Et fi­na­le­ment, pas de fin de l'His­toire ?

Les dif­fé­rences pièces de l'ex­po­si­tion pré­sen­tent des té­moi­gnages d'une époque par­ti­cu­lière. Ce­pen­dant, des re­cher­ches me­nées ré­cem­ment con­tre­di­sent cer­tains propos en dé­mon­trant que les jeunes entre 20 et 30 ans s'in­té­res­sent de moins en moins aux dis­cus­sions pu­bli­ques ac­tuelles. 
Il y a 10 ans, l´ins­titut Max Planck de Berlin a réa­lisé une étude en Al­le­magne sur la ca­pa­cité des jeunes entre 14 et 15 ans à mener une ac­tion po­li­tique. Cette étude fai­sait ce­pen­dant partie d´une re­cherche plus glo­bale menée par l'In­ter­na­tional As­so­cia­tion for the Eva­lua­tion for Edu­ca­tional Achiev­ment (IEA) : en­viron 95.000 de jeunes de 14 à 15 ans dans 29 pays du monde avaient été in­ter­viewés. L'ob­jectif de cette étude était d'en ap­prendre da­van­tage sur lin­térêt -ou le dé­sin­térêt - des jeunes ado­les­cents­pour la po­li­tique, et cela avant qu´ils soient en âge d'avoir des droits et des de­voirs ci­vi­ques. Les son­dages n'ont pas abouti à une con­clu­sion sur­pre­nante, mais ils mé­ri­tent qu'on s'y ar­rête : les jeunes issus de ri­ches pays in­dus­tria­lisés pré­sen­tent un in­térêt moins marqué à agir po­li­ti­que­ment, par rap­port à des jeunes de pays plus pau­vres. Cette étude a pris en compte l'en­ga­ge­ment des jeunes à des modes d'ac­tions po­li­ti­ques lé­gaux, comme le vote à une élec­tion, l´en­ga­ge­ment so­cial, ou la par­ti­ci­pa­tion à des ma­ni­fes­ta­tions ; mais aussi des mé­thodes illé­gales, par exemple le blo­cage de voies fer­rées, l'ins­crip­tion de graf­fitis, etc.

Les chif­fres les plus ac­tuels et les plus com­plets sont ceux de la « Schell-Ju­gend­studie », une étude menée tous les ans par l´en­tre­prise Schell, qui ana­lyse les dif­fé­rents cen­tres d'in­té­rêts des jeunes al­le­mands. 

Schell mène cette re­cherche de­puis 1984, on peut donc faire des ana­lyses com­pa­ra­tives sur une longue pé­riode : on note no­tam­ment l'in­térêt pour la po­li­tique des 15-24 ans di­minue de plus en plus pen­dant les an­nées 90. De­puis 2002, on ob­serve que ce taux d'in­térêt re­monte sen­si­ble­ment, mais reste tou­te­fois net­te­ment en des­sous des chif­fres en­re­gis­trés aux dé­buts de cette en­quête.

Que faut-il en re­tenir au­jourd'hui ? Tout d'abord, on ob­serve que ce phé­no­mène s'ob­serve bien au-delà des fron­tières al­le­mandes. De même, on ob­serve que les in­té­rêts d'un in­di­vidu se fo­ca­li­sent de plus en plus sur son in­térêt per­sonnel que sur des ques­tions po­li­ti­ques ou des dis­cu­sions pu­bli­ques. 

Luisa Maria Sch­weizer, membre de l´or­ga­ni­sa­tion « Eu­ro­pean Al­ter­na­tives », com­mente sa vi­site de l´ex­po­si­tion en sep­tembre avec ces propos.

« Les soixante-hui­tards re­pro­chent con­ti­nuel­le­ment à notre gé­né­ra­tion, âgée au­jourd'hui entre 20 et 30 ans, d'avoir perdu le sen­ti­ment de l'en­ga­ge­ment commun pour la so­ciété ainsi que la cons­cience des res­pon­sa­bi­lités dé­mo­cra­ti­ques. L'ex­po­si­tion « Prêt à agir – es­quisse d'une gé­né­ra­tion à la fin de l'His­toire » prouve de ma­nière ma­gis­trale qu'il existe une mou­vance ca­pable de donner tort à ces ac­cu­sa­tions. Cette ma­ni­fes­ta­tion est l'oc­ca­sion de créer un es­pace où le po­si­tion­ne­ment de toute une gé­né­ra­tion peut être re­pren­senté et faire débat dans une nou­velle forme. Nous de­vons uti­liser cette chance. »

Ainsi, une gé­né­ra­tion cons­titue un phé­no­mène so­cial et les études sur les gé­né­ra­tions of­frent la pos­si­bi­lité de struc­turer les évo­lu­tions de la so­ciété. L'ex­po­si­tion « Hand­lung­sbe­reit­schaft », en met­tant sa gé­né­ra­tion elle-même en scène, re­pré­sente par là-même un con­cept d'ana­lyse cou­rant. Dans de nom­breux ou­vrages ré­cents, on ob­serve que des au­teurs se li­vrent à cette auto-ana­lyse, et il sem­ble­rait que le plus gros pro­blème de cette gé­né­ra­tion ré­side dans son propre « je ». En pre­mier lieu, on ob­serve la peur de prendre les mau­vaises dé­ci­sions, comme Nina Pauer, jeune au­teure ber­li­noise qui ré­sume les choses ainsi : «Nous sommes une gé­né­ra­tion for­te­ment an­goissée, parce que nous sommes cons­tam­ment sous pres­sion psy­cho­lo­gique, ce qui nous amène à suivre des thé­ra­pies chez des os­téo­pa­thes ou des pro­fes­seurs de yoga. » Comme si le seul pro­blème était fi­na­le­ment celui se trouver soi-même, ex­plique t-elle en­core à une re­porter de ZDF. Nina tra­vaille pour le Zeit-On­line, vit à Berlin et vient tout juste de pu­blier son pre­mier livre « Notre gé­né­ra­tion n'a pas peur de la thé­rapie de groupe. » La cou­ver­ture du livre est d'un orange fluo qui abime les yeux. Le lec­teur réa­lise à quel point l'His­toire joue ici un rôle de ré­vé­la­teur. On peut ici aussi re­tenir la pu­bli­ca­tion ré­cente du livre de Me­re­dith Haaf, « Heult doch! (Tu peux pleurer !) - La ques­tion d'une gé­né­ra­tion et de son pro­blème avec le luxe. » Elle aussi ber­li­noise, cette au­teure a déjà pu­blié deux li­vres de­puis la fin de ses études et elle met le doigt où cela fait mal : par son ana­lyse cri­tique de ses con­tem­po­rains, elle pousse à ré­flé­chir sur les causes de ses co­lères, de sa ma­nière de con­sommer com­pul­si­ve­ment, et ses craintes de­vant les pers­pec­tives socio-po­li­ti­ques.

Performance von Julius von Bismark – ein rotierendes altes Auto, in dem er selbst saß.

Le se­cond volet de la ma­ni­fes­tion «Une gé­né­ra­tion a la fin de l'His­toire » prend appui sur une dé­cla­ra­tion con­tro­versée du po­li­to­logue amé­ri­cain Francis Fu­kuyama. En 1992, il pu­blie un our­vage in­ti­tulé « La fin de l'His­toire. » Le thèse de cet ou­vrage est no­tam­ment que le mo­dèle de dé­mo­cratie li­bé­rale oc­ci­dent se­rait dé­sor­mais au point mort de­puis la chute du mur de Berlin et l’échec du com­mu­nisme, dans un monde où il n'y a plus au­cune op­po­si­tion. For­te­ment cri­ti­quée dans la presse, cette idée s'ins­crit dans l'in­ter­pré­ta­tion hé­gé­lienne de l'His­toire. Il s'agit donc d'un titre per­ti­nent pour ce projet d'ex­po­si­tion.

Par ailleurs, jusqu'à la mi-Jan­vier 2012, la salle des mo­teurs à Dresde a ac­cueilli une ex­po­si­tion du même genre que celle or­ga­nisée par le trio El Bira-Hil­lers-Schin­dele à Berlin : la « Suite des gé­né­ra­tions », qui ques­tionne le sen­ti­ment col­lectif sous un autre angle (vis-à-vis de plu­sieurs gé­né­ra­tions) et in­ter­roge le stan­dard ca­pi­ta­liste ac­tuel, quant à sa si­gni­fi­ca­tion pour chacun et à sa con­tri­bu­tion à un épa­nouis­se­ment in­di­vi­duel. 

En août pro­chain, la deuxième édi­tion de « Hand­lung­sbe­reit­schaft » ou­vrira cette fois-ci ses portes dans les « Kunst­saelen » du quar­tier de Schö­ne­berg à Berlin. C'est une ga­lerie re­nommée con­sa­crée aux arts con­tem­po­rain. 

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